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Le secteur éducatif à Grand-Yoff : Analyse des structures d’enseignements coraniques ou « Daaras ».

Introduction

Le mot « Daara », terme wolof originaire de l’arabe désigne une cour, une villa, une maison, puis plus précisément un centre d’éducation religieuse, voire tout lieu où s’enseigne le Coran. Au Sénégal, l’enseignement religieux constituent une offre éducative importante pour la communauté musulmane. Lieu d’apprentissage du coran et parfois de la langue arabe, l’école coranique communément appelée Daara, a toujours été considérée comme un passage obligatoire dans l’éducation du jeune musulman. Cette forme d’enseignement est dispensée en général par un maître qui a une bonne maîtrisent du Coran. Les cours se tiennent durent toute la journée, les élèves en âge d’aller à l’école « française » (école primaire) peuvent aussi fréquentés les daaras le weekend ou pendant les vacances scolaires.  C’est en général à partir de 3 à 4 ans que débute l’apprentissage. L’enseignement se fait en groupe sous la supervision du maitre coranique. Chaque élève répète à voix haute jusqu’à mémoriser complètement ce qui lui est prescrit après l’avoir répété avec l’enseignant.

Les cours se tiennent en majorité dans les mosquées mais l’enseignement peut aussi se faire dans des écoles spécialement conçues pour. On retrouve certaines petites Daaras de quartier dans des locaux plus précaires comme des logements, des baraques et parfois même à l’extérieur.

Présentation générale

Dans la commune de Grand-Yoff  nous avons localisé 63 Daaras. Environ 80% des écoles ont accepté de répondre à nos questions. En se basant sur cet échantillon, nous estimons le nombre d’élève à environ 5 300 au total répartis dans près de 150 classes et encadrés par 170 à 180 maitres coraniques.  Soit une moyenne de 50 élèves par daaras et 31 élèves par enseignant. Ces chiffres doivent être considérés avec précaution car le nombre d’élève et d’enseignant augmente pendant les weekends et les vacances. D’autre part, les daaras sont des structures informelles difficiles à localisées et cartographiées.

On retrouve des daaras dans la quasi-totalité de la commune de Grand-Yoff permettant ainsi à tous les enfants d’obtenir une éducation religieuse. Néanmoins il existe une forte concentration dans les quartiers populaires notamment à Arafat et Cité Millionnaire qui concentrent près de 30% de ces structures. Au-delà du fait que ces quartiers soient les plus peuplés, ce sont aussi des secteurs où la tradition est plus présente et il semble logique qu’on y trouve d’avantage de Daaras.

DENSITE_DARAS

 

Les difficultés rencontrées par les daaras

La situation des écoles coraniques à Grand-Yoff soulèvent certaines questions mais n’est pas alarmant. Cela vient du fait que la plupart des daaras se trouvent dans des mosquées qui offrent un environnement spacieux, calme et équipé de sanitaire. Néanmoins, environ 14% des écoles coraniques  font cours à l’extérieur ou dans des « baraques », bâtiments en taule et en bois. D’autre part, 46% de ces structures accueillant 2 500 élèves déclarent souffrir de nuisance (le bruit, l’inondation, les moustiques et plus encore l’insécurité). Ces formes de nuisances affectent l’ensemble des daaras de la commune néanmoins, un tiers de ces dernières se trouvent dans un périmètre restreint dans le quartier populaire d’Arafat.

Densite_DAARA_NUISANCE

Enfin, comme tous les autres établissements accueillant des enfants, les daaras se doivent d’avoir des blocs sanitaires. Malheureusement, nous avons constaté l’absence ou l’insuffisance de sanitaire dans 15 écoles fréquentées par 2 000 enfants.

Enfin le statut d’occupation est également préoccupant. Comme pour les écoles générales, le fait d’être locataire pour une école est un facteur de vulnérabilité. Certaines petites écoles ont peu de trésorerie et ont parfois du mal à payer les loyers des locaux pendant la période des grandes vacances quand les rentrées d’argent se tarissent. D’autre part, il n’est pas rare que certains propriétaires peu scrupuleux expulsent des écoles de leurs locaux au beau milieu de l’année scolaire si une opportunité plus lucrative se présente (vente du terrain, location à une entreprise). Quand ces deux facteurs se combinent, le risque d’expulsion pour les petites écoles privées devient important. A Grand-Yoff, environ 28% des Daaras de Grand-Yoff sont locataires. Ces structures se trouvent toutes exclusivement dans Arafat et Grand-Yoff traditionnel.

 

Au total, sur 50 daaras interrogées, 30 écoles accueillant près de 3 000 élèves n’offrent pas de bonne condition d’enseignement (locaux insuffisant, nuisances, sanitaires insatisfaisants). Ces 30 structures se trouvent en général dans les quartiers traditionnels de la commune qui cumulent déjà beaucoup de difficultés. Comme pour les écoles générales, nous recommandons une politique d’amélioration des conditions d’enseignement :

  • Pour réduire les problèmes d’insécurité il conviendrait d’installer de nouveaux portails, de surélever les murs d’enceintes et de recruter d’avantage de gardien.
  • Les dépotoirs et zone d’eau stagnantes situés dans l’environnement immédiat des écoles doivent être éliminés ou au minimum démoustiqués. Les activités bruyantes et polluantes doivent être interdites à proximité des écoles.
  • Enfin, un effort important doit être fait pour aider et accompagner les écoles coraniques locataires.

1 thought on “Le secteur éducatif à Grand-Yoff : Analyse des structures d’enseignements coraniques ou « Daaras ».”

  1. A reblogué ceci sur Hlm Grand Yoffet a ajouté:
    Le mot « Daara », terme wolof originaire de l’arabe désigne une cour, une villa, une maison, puis plus précisément un centre d’éducation religieuse, voire tout lieu où s’enseigne le Coran. Au Sénégal, l’enseignement religieux constituent une offre éducative importante pour la communauté musulmane. Lieu d’apprentissage du coran et parfois de la langue arabe, l’école coranique communément appelée Daara, a toujours été considérée comme un passage obligatoire dans l’éducation du jeune musulman. Cette forme d’enseignement est dispensée en général par un maître qui a une bonne maîtrisent du Coran. Les cours se tiennent durent toute la journée, les élèves en âge d’aller à l’école « française » (école primaire) peuvent aussi fréquentés les daaras le weekend ou pendant les vacances scolaires. C’est en général à partir de 3 à 4 ans que débute l’apprentissage. L’enseignement se fait en groupe sous la supervision du maitre coranique. Chaque élève répète à voix haute jusqu’à mémoriser complètement ce qui lui est prescrit après l’avoir répété avec l’enseignant.

    Les cours se tiennent en majorité dans les mosquées mais l’enseignement peut aussi se faire dans des écoles spécialement conçues pour. On retrouve certaines petites Daaras de quartier dans des locaux plus précaires comme des logements, des baraques et parfois même à l’extérieur.

    Présentation générale

    Dans la commune de Grand-Yoff nous avons localisé 63 Daaras. Environ 80% des écoles ont accepté de répondre à nos questions. En se basant sur cet échantillon, nous estimons le nombre d’élève à environ 5 300 au total répartis dans près de 150 classes et encadrés par 170 à 180 maitres coraniques. Soit une moyenne de 50 élèves par daaras et 31 élèves par enseignant. Ces chiffres doivent être considérés avec précaution car le nombre d’élève et d’enseignant augmente pendant les weekends et les vacances. D’autre part, les daaras sont des structures informelles difficiles à localisées et cartographiées.

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